Comment devenir un bon tatoueur en 7 étapes

19/12/2017
Auteur: Leeloo

Apprendre à tatouer, oui mais comment ?

C’est une question qui taraude beaucoup d’entre vous. Être tatoueur est une part profonde de qui je suis, mais enseigner également.

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Je suis passionnée par la transmission de ma passion pour aider des gens comme vous : pris d'une passion pour le tatouage, mais parfois un peu perdus sur ce qu'il y a à faire ensuite.

C’est la raison pour laquelle j’ai ouvert ce blog : apprendre le tatouage.

Et j'ai remarqué que la plupart des gens n'apprennent pas vraiment de manière très intentionnelle.

C'est-à-dire qu'ils prennent un livre ici et là, regardent une vidéo par-ci par-là, mais sans réelle méthode bien définie.

Si vous voulez vraiment progresser, vous allez devoir arrêter de pédaler dans la semoule.

Je souhaite vous aider à vous décoincer.

Et pour commencer, il faut que j'éclaircisse quelque chose sur le processus d'apprentissage.

En général, il se déroule en 4 phases :

  • Vous ne savez pas que vous ne savez pas (avant)
  • Vous savez que vous ne savez pas (maintenant !)
  • Vous savez que vous savez (bientôt !)
  • Vous ne savez pas que vous savez (pas si loin !)


Ce qu'il faut comprendre, c'est que la maîtrise, en tatouage comme la peinture, la sculpture, est plutôt un voyage qu'une destination : quand vous pensez être arrivés vous découvrez un nouvel apprentissage à faire, et vous recommencez le cycle, à un niveau supérieur.

C'est justement ça qui rend la chose intéressante (s'il n'y avait plus rien à apprendre, ce serait vraiment ennuyeux).

J’ai donc identifié 7 étapes par lesquelles les tatoueurs passent.

Vous allez sans doute vous reconnaître dans certaines d'entre elles.

Certaines que vous avez déjà dépassées, puis celle pour laquelle vous vous sentez coincé actuellement.

Ne vous inquiétez pas, on passe tous par-là.


1. Les fondamentaux

C'est la première étape, la plus facile, mais aussi celle à laquelle beaucoup restent coincés.

Débordés par la technique, ils cherchent à toujours à parfaire leur propre technique.

C'est bien de savoir le faire, mais ça s'apprend assez facilement avec un peu de temps si l’on est bon en dessin.

À ce niveau, comprenez bien que vous êtes parfaitement capable de passer à l’étape suivante. Il suffit de temps, de patience, et de pratiquer encore et encore.

Une fois les bases de la théorie maîtrisées il vous faut juste pratiquer.

Vous avez besoin de réaliser plein de tatouages sur des peaux synthétiques ou de cochon (pas question encore de massacrer un client) et de travailler la mémoire musculaire pour définitivement intégrer "si je fais ça, c'est ça qui arrive".

Vous allez faire plein d'erreurs. C'est normal.

Apprenez-en, c'est comme ça que vous passerez à l'étape suivante.

Et normalement, vous allez comprendre que si la technique importe, le vrai outil du tatoueur est le langage visuel (tout comme l'outil d'un écrivain n'est pas le stylo, mais la maîtrise de la langue).


2. L'imitation

Une fois qu'on a compris les bases de la technique, il est temps d'aller se confronter au monde réel.

Attention, toujours pas sur les clients !

Qu'on en ait conscience ou non, on commence souvent par imiter des tatouages qu'on aime.

On fait du Old School, du New School, du portrait, du réalisme, on veut obtenir un joli ombrage, bref, on recherche un beau rendu avant tout.

C'est une étape normale et parfaitement saine : étudier ce que font les tatoueurs qu'on aime et le reproduire techniquement permet d'ancrer davantage la manière particulière dont on manie le dermographe, et de l'accepter plutôt que de le combattre.

Le piège peut être d'adopter complètement un style et d'y perdre en personnalité.

Faites attention à ne pas trop y tomber, et à essayer d'adApter plutôt que d'adOpter : mixer ce que vous aimez dans telle ou telle expérience pour faire votre propre sauce.

N'oubliez pas non plus d'essayer différents domaines pour apprendre davantage.


3. Le jeu

Si vous avez déjà observé de jeunes chiots ou chatons ou des enfants, vous remarquerez qu'ils passent leur temps à jouer entre eux. Il y a une bonne raison à cela : c'est la meilleure manière d'apprendre.

Je n'aime pas l'idée "d'exercices" en tatouage, car dans ma tête je vois un cahier de devoir de maths à faire l'été, quand il fait beau dehors. Je préfère l'idée de jeud'expérimentation.

À ce stade, vous devriez vous prendre moins au sérieux et juste tester n'importe quoi, en oubliant toutes les règles.

L'idée est de ne surtout pas faire ce dont vous avez l'habitude de faire, et d'expérimenter des choses complètement nouvelles.

Amusez-vous ! Vous n'êtes pas obligé de montrer les résultats à qui que ce soit.

L'intérêt : ça vous pousse à ne pas vous concentrer sur le résultat, mais sur le processus. Et cela va BEAUCOUP vous aider.

L'échec

A un moment ou à un autre, et probablement de nombreuses fois, vous allez échouer.

Quelque chose va complètement rater, vous ne finirez pas un seul tatouage qui vous plaît.

Surtout si vous prenez des risques.

C'est normal, et surtout il faut bien comprendre une chose : votre apprentissage du tatouage ne sera pas des réussites OU des échecs. 

Ce sera des réussites ET des échecs. C'est un élément indispensablede l'apprentissage.

Et si vous n'échouez jamais, c'est que vous ne prenez pas assez de risques.

En fait, vous devriez rechercherl'échec à ce stade.

Chercher à faire des tattoos exceptionnels dès que vous démarrez est une erreur dans l'apprentissage, car cela vous incite à éviter l'échec.

Cherchez à apprendre et pas à accomplir quelque chose immédiatement.

Échouez, le plus possible, lors de vos essais avec des peaux synthétiques ou de porc et tirez-en des leçons.

C’est bien beau de dire ça en théorie mais en tatouage le client n’accepte pas l’échec.

Le but n'est évidemment pas de faire exprès de rater quelque chose si vous savez comment faire.

C'est de tirer sur la corde jusqu'à ce qu'elle casse. Et ça a beaucoup à voir avec le jeu de l'étape d'avant.


5. L'indépendance

C'est le moment d'enlever le filet de sécurité. Jusqu'à présent, vous cherchiez sans doute l'enseignement d'un tatoueur pro pour vous dire si c'était "bien ou pas bien" et vous aider à avancer.

Mais à partir d'un certain stade, il faut vous enseigner à vous-même.

Vous faire confiance. C'est le moment où vous allez passer de savoir que vous savez, à ne pas savoir que vous savez.

À ce moment, vous allez davantage jouer et échouer (le moins possible), mais avec une direction qui vous est personnelle, avec intention.

Vous allez vous poser des questions sur votre vision du tatouage, et sur comment l'exprimer.

À cette étape, arrêtez de vous préoccuper de ce que les autres pensent, de regarder par-dessus votre épaule. C'est fini, vous êtes grand.


6. La vision

Vous avez déjà une vision. La manière dont vous voyez le monde est déjà unique.

Mais jusqu'à maintenant, vous avez été trop occupé à apprendre la technique et le langage du tatouage pour l'exprimer.

Mais après avoir appris l'usage d'un clavier, puis la syntaxe et la grammaire, il vous faut écrire des histoires. Ou des poèmes.

J'aime beaucoup cette comparaison car si vous pensez à vos tatouages comme à des histoires, des poèmes, bref des œuvres littéraires, vous irez dans la bonne direction.

Et c'est aussi le moment où vous allez vous concentrer sur quelque chose.

Baudelaire n'a pas écrit le Seigneur des Anneaux. Personne ne peut TOUT dire.

Vous devriez savoir ce que vous avez envie de raconter.

Ça évoluera bien sûr, mais vous allez sans doute avoir envie de travailler sur des projets de tatouages uniques.

Qu'est-ce qui est important pour vous ?

Qu'est-ce que vous passez votre temps à regarder ?

Qu'est-ce qui vous attire visuellement ? 

Comment  voyez-vous le monde ?

De manière optimiste, avec beauté et espoir, ou est-ce que vous voyez une injustice sur laquelle vous voulez mettre un coup de projecteur ?

En vous posant ces questions, vous allez commencer à voir des choses se répéter dans votre travail.

Ça va être dur. C'est bien, c'est bon signe.


7. La maîtrise

Maîtriser ne signifie pas sortir 100% de tatouages qui vous satisfassent. Ça n'existe pour personne.

Ça signifie plutôt que le dermographe n'est plus un obstacle, que vous rentrez plus facilement dans le flow créatif.

Mais ça ne signifie pas que votre apprentissage du tatouage soit terminé, ou que ce soit plus facile.

Peut-être même le contraire : vous serez devenu plus exigeant, et chercherez plus de challenge.

Vous ne vous contenterez plus des mêmes choses. 

Que faire pour continuer ? 

Garder l'esprit du débutant : vous avez encore beaucoup à apprendre. 

Continuer sur votre chemin.

Et étudier les maîtres du tatouage. Ils auront toujours beaucoup à vous apprendre, à chaque fois que vous y reviendrez.


Voilà, j'espère vous avoir aidée à avoir une visibilité sur le (long) processus d'apprentissage du tatouage.

Bon vent !

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